par Ben Blanchard
La cheffe de file de l'opposition taïwanaise, Cheng Li-wun, se rend mardi en Chine pour une mission "de paix" et pourrait rencontrer à cette occasion le président chinois Xi Jinping, sur fond de tensions accrues entre Taipei et Pékin, qui considère le gouvernement taïwanais comme "séparatiste".
La Chine voit Taïwan comme une province renégate et n'exclut pas de recourir à la force pour la ramener dans son giron. Elle a accentué depuis de nombreux mois sa pression militaire autour de l'île démocratique.
Cette visite de Cheng Li-wun, élue en octobre dernier à la tête du Kuomintang (KMT), intervient alors que le Parlement taïwanais, où l'opposition est majoritaire, bloque un projet gouvernemental prévoyant 40 milliards de dollars de dépenses de défense supplémentaires.
S'exprimant au siège du KMT avant de partir en Chine, Cheng Li-wun a déclaré qu'elle allait effectuer un "périple historique pour la paix", tout en admettant que certains étaient mal à l'aise à propos de son voyage.
"Quand vous aimez vraiment Taïwan, vous saisissez la moindre chance, chaque opportunité, d'empêcher que Taïwan ne soit ravagée par la guerre", a-t-elle dit aux journalistes.
"Donc je préfère penser que toute la population taïwanaise espère que ce voyage sera un succès, parce que nous pouvons transformer l'endroit le plus dangereux au monde en l'endroit le plus sûr au monde", a-t-elle poursuivi.
La Chine refuse de discuter avec le gouvernement décrit comme "séparatiste" du président Lai Ching-te, mais reçoit régulièrement des membres de haut rang du KMT. La précédente visite d'un dirigeant du KMT remonte toutefois à dix ans.
Le plus haut représentant taïwanais en charge de la politique avec la Chine a déclaré lundi soir que Pékin devrait plutôt dialoguer avec le gouvernement démocratiquement élu et légitime de l'île.
Chiu Chui-cheng a également exhorté Cheng Li-wun à demander aux dirigeants du Parti communiste chinois (PCC) de "stopper immédiatement leurs pressions aggravées contre Taïwan", citant la présence d'appareils militaires et un "harcèlement naval".
La visite de Cheng Li-wun précède d'un mois le déplacement très attendu du président américain Donald Trump à Pékin pour un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping, lors duquel les deux dirigeants devraient discuter principalement du commerce mais évoquer aussi d'autres points de contentieux comme Taïwan.
(Ben Blanchard; version française Jean Terzian)

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